Le 26 mars 2018, le Groupe d’étude TV5, créé par le Pôle médias HEC Montréal et par TV5 Québec Canada, a organisé une deuxième activité d’envergure destinée aux hauts gestionnaires de médias dans le cadre de ses ateliers d’experts : un déjeuner-conférence traitant des partenariats stratégiques et de leur importance pour la survie des médias. Les organisations suivantes étaient représentées lors de cette activité : TV5 Québec Canada, Radio-Canada, Télé-Québec, TFO, l’Office national du film, Téléfilm Canada, la Chaîne d’affaires publiques par câble du Canada et la chaîne Accessibilité Média inc.
Ce déjeuner-conférence a été animé par Sylvain Lafrance, directeur du Pôle médias HEC Montréal et de la revue Gestion. M. Lafrance a amorcé la discussion avec un exposé sur les « partenariats improbables » qu’on observe de plus en plus souvent de nos jours, des partenariats « qu’on n’aurait pas vus il y a quelques années ». Il a ensuite suscité des échanges sur le contexte particulier de la gestion des partenariats pour des organisations publiques. Par la suite, Marie-Philippe Bouchard, PDG de TV5 Québec Canada, a exposé son point de vue sur les motivations qui doivent animer les médias de service public à établir des partenariats stratégiques.
Louis Hébert, professeur titulaire et directeur des programmes MBA et EMBA à HEC Montréal, a présenté la conférence intitulée « Les alliances stratégiques ». Le conférencier a souligné que dans le contexte de la mondialisation, les notions de concurrence et de collaboration ont revêtu une connotation bien particulière : « On fait des alliances pour être capable de concurrencer. » Les alliances stratégiques ont des répercussions sur la survie à court terme et sur le développement à long terme des entreprises. Ces alliances sont élaborées en fonction de trois intentions stratégiques principales : diminuer les coûts d’achat, avoir accès à de nouveaux marchés et développer de nouveaux savoir-faire et de nouvelles capacités. Cependant, il ne suffit pas conclure des alliances : il faut pouvoir les gérer par la suite, ce qui s’avère souvent « compliqué et laborieux ». La clé de la réussite, selon le professeur Hébert, consiste à penser les alliances « comme un processus, comme une relation, non pas comme une transaction », et à établir la communication au cœur de cette relation. La confiance est également un élément clé de la réussite de la gestion des alliances, tout comme les différences organisationnelles, qui doivent être vues comme étant complémentaires. Une alliance, a conclu le professeur Hébert, a sa propre durée de vie et peut disparaître ; les besoins des partenaires peuvent changer. En conséquence, la gestion d’une alliance doit être dynamique et orientée vers l’évaluation de sa performance.
La présentation de M. Hébert a été suivie d’échanges entre les participants sur la base de leurs expériences respectives. L’importance de la science des données pour fonder solidement les alliances, les défis des alliances entre les secteurs public et privé, la gestion des attentes des partenaires et le rôle de l’authenticité dans la gestion d’une alliance ont été quelques-uns des sujets débattus par les hauts gestionnaires qui ont pris part à ce déjeuner-conférence.